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HISTOIRE
1740 -
1741
successions : en s’éteignant, ses deux branches éveillentles prétentions rivales-de plusieurs souverains.
D’une part, c’est Marie-Thérèse, fille aînée de l'Em-pereur, qui, la Pragmatique-Sanction à la main, ré-clame l’héritage paternel; pour elle, il s’agit de la Hon-grie, de la Bohême, royaumes longtemps électifs, queles princes autrichiens avaient rendus héréditaires; dela Souabe autrichienne, appelée Autriche antérieure;de la haute et basse Autriche, conquises au treizièmesiècle ; de la Styrie, de la Carinthie, de la Carniole, dela Flandre, du Burgau, des quatre villes forestières, duBrisgau, du Frioul, du Tyrol, du Milanais, du Mantouan,du duché de Parme. Quant à Naples et à la Sicile, ré-cemment enlevés à l’Autriche, ces deux royaumes sontentre les mains de don Carlos, fils du roi d’Espagne,Philippe V 1 .
D’un autre côté, Charles-Albert, électeur de Bavière,parle hautement de ses droits, fondés sur un testamentde l’empereur Ferdinand I er , frère de Charles-Quint.
Ici, Auguste III, roi de Pologne, électeur de Saxe, ou-bliant qu’à la mort de l’Empereur il a reconnu et ratifiél’indivisibilité des États de sa fille, fait valoir, pour soncompte personnel, des considérations non moins graves ;entre autres, il invoque des liens de famille : la Reine,son épouse, n’est-elle pas fille aînée de Joseph I er , frèreaîné lui-même de Charles VI?
Là, retentissent les prétentions superbes du cabinetde Madrid. L’ambitieuse compagne de Philippe V était
1 Voltaire, Siècle de Louis XF.