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HISTOIRE
1740- qui, plein d’ambition comme ses aïeux, mais, commeeux, prudent, circonspect, examine en silence, les yeuxavidement fixés sur le Milanais, pour qui, des Bourbonsou de l’Autriche, il devra se décider. « Mon fils, luiavait souvent dit Charles-Emmanuel, le Milanais estcomme un artichaut ; il faut le manger feuille à feuille. »Ces paroles, Victor-Amédée ne les oubliait pas.
Louis XV, descendant en ligne directe de la brancheaînée masculine d’Autriche, par les reines, épouses deLouis XIII et de Louis XIV, pourrait figurer avec avan-tage parmi les concurrents ; mais, arbitre de l’Europedepuis la paix de Vienne, la France s’attache à ce rôlepacifique. Médiatrice, elle décidera de la succession etde l’Empire, de concert avec la moitié de l’Europe 1 ;prétendante, elle aurait l’Europe entière à combattre :telle était la politique du premier ministre. Fleury, quiprésidait alors aux destinées du royaume, apportaitdans le gouvernement l’habile douceur de ses mœursprivées. Malheureusement, cette disposition, que l’âgedéveloppait encore, dégénéra en faiblesse; et un mi-nistre, ami de la paix, se laissait entraîner à la guerre.On le verra bientôt.
Dans de si graves conjonctures, que deviendra unejeune reine sans expérience, presque sans armée, avec100,000 florins dans le trésor, au sein d’une capitalemenacée de disette, où des malveillants répandaient lebruit que le gouvernement était dissous, et que l’élec-teur de Bavière allait venir prendre possession des
1 Voltaire, Siècle de Louis AT.