HISTOIRE
îjw- L’Europe crut le roi de Prusse déjà d’accord avec laFrance, quand il envahit la Silésie; c’était une erreur,car le marquis de Beau veau, envoyé par Louis XV àBerlin pour complimenter le nouveau monarque, ne sutlui-même, quand il vit les premiers mouvements destroupes prussiennes, si elles marchaient contre laFrance ou contre l’Autriche. « Je vais, je crois, jouervotre jeu, lui dit Frédéric en partant, si les as me vien-nent, nous partagerons 1 * . »
Ses progrès furent rapides ; on l’accueillait avec joiedans un pays aux deux tiers protestant. Tandis que lemaréchal de Schwerin, longeant le pied des montagnes,pour nettoyer d’ennemis cette partie de la Silésie, diri-geait sa marche par Liegnitz, Sclrweidnitz, Francken-stein, le Roi, avec les grenadiers de l’armée, six batail-lons et dix escadrons, arriva, en personne, sous lesmurs de Breslau*. Cette capitale de la Silésie, gouver-née par ses propres magistrats, et jouissant de privi-lèges assez semblables à ceux des villes impérialeslibres, était exempte de l’obligation de recevoir garni-son. Aussi, pour maintenir son droit et éviter unsiège 3 , n’avait-elle pas voulu ouvrir ses portes auxAutrichiens, qui, néanmoins, sans la promptitude de
1 Voltaire, Siècle de Louis XV.
8 En polonais Wroclaw, prononcez Wrotslau ; en latin Vratislavia.Les nombreuses colonies allemandes qui se sont établies en Silésie yont peu à peu germanisé les mœurs, et relégué le dialecte esclavondes anciens habitants parmi les paysans de la Haute-Silésie et desdistricts limitrophes de la Pologne, (t'oyez Malte-Brun et Mentelle,Géographie mathématique, physique et politique, tome IV.)
3 Muller, Tableau des guerres de Frédéric le Grand.