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HISTOIRE
vues bien différentes. Convaincue que c’en était fait dela puissance autrichienne, elle voulait élever sur lesruines de cet empire quatre souverains dont les forcespourraient se balancer réciproquement : la reine deHongrie, avec ce royaume, l’Àutrichej la Styrie, la Ca-rinthie, la Carniole ; l’électeur de Bavière, avec la Bo-hême, le Tyrol, le Brisgau; la Prusse, avec la Basse-Silésie; enfin la Saxe, joignant la Haute-Silésie et laMoravie à ses autres possessions. Comme entre cesquatre voisins la bonne intelligence n’aurait point étéde longue durée, le cabinet de Versailles se réservait lerôle d’arbitre et de dominateur suprême. A ce dangeril n’y avait qu’un remède : c’était de maintenir unesorte d’équilibre entre les Maisons d’Autriche et deBourbon.
Une autre puissante considération décida Frédéric :ce prince venait de découvrir les liaisons secrètes ducardinal de Fleury avec M. de Stainville, ministre dugrand-duc de Toscane à Vienne, et savait le cardinaltout disposé à sacrifier les alliés de la France, si la courde Vienne lui offrait le Luxembourg avec une partiedu Brabant.
Il arrêta donc Marie-Thérèse au bord du précipice.
Mais, pensant bien qu’elle ne se prêtait à un arran-gement avec lui que pour semer la méfiance parmi lesalliés en l’ébruitant, le Roi exigea des Autrichiens unecondition sine quà non : c’était qu’à la moindre indis-crétion de leur part tout serait annulé. On verra si laprécaution était sage.
La convention dressée et signée par lord Hyndford,