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HISTOIRE
1743 jours, quatre mille hommes périrent de froid et demisère ! « Les chemins, dit l’historien de la Bohême ‘,présentaient un spectacle épouvantable; ils étaientjonchés de cadavres; on en voyait des monceaux decent et de deux cents, pêle-mêle, officiers, soldats. »
Cette retraite, ordonnée par le ministre de la guerred’Àrgenson, fut célébrée avec passion et blâmée demême. Les uns la comparaient à celle des Dix-Mille ;les autres y voyaient une déroute honteuse-; on exagé-rait des deux côtés. Les dispositions du maréchal étaientbonnes; on ne peut lui reprocher que de n’avoir pasassez ménagé ses troupes.
« Dans tout autre pays, dit le caustique Frédéric,une l’etraite comme celle-là aurait causé une conster-nation générale; en France, où les petites choses setraitent avec dignité, et les grandes légèrement, on nefit qu’en rire, et Belle-Isle fut chansonné 1 2 .... En pa-reille occasion, on aurait jeûné à Londres, exposé lesacrement à Rome, coupé des têtes à Vienne : il valaitmieux se consoler par une épigramme 3 . »
Cette dernière page dans l’histoire d’un long mini-stère est bien triste.
1 Pelzel.
2 Frédéric, Histoire de mon temps, tome II.
3 Tout le monde, en effet, connaît la chanson qui courut alors, etdont voici le premier couplet :
Quand Belle-lsle partit une nuitDe Prague, à petit bruit,
Il dit, voyant la lune :
«Lumière de mes jours,
Astre de ma fortune,
Eclaire-moi toujours.»