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Tome I.
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HISTOIRK

nn Prague ; ce tut plutôt, il est vrai, celle de ses alliés quela sienne propre. Son premier plan de traverser la Bé-raun, de chasser l’Autrichien Bathyani de la Bohême,de s’emparer de Pilsen et du vaste magasin qu’on y for-mait pour l’armée du prince de Lorraine, puis de pous-ser jusqu’aux gorges de Com et de Fort qui ouvraientles chemins de la Bohême aux Autrichiens du côté duHaut-Palatinat ; ce plan, comme il le sentit trop tard,était fort sage. Malheureusement il y renonça, cédantaux instances du maréchal de Belle-Isle, qui demandaitque les Prussiens se portassent du côté de Tabor, deBudweis, deNeuham, afin d’établir une communicationavec la Bavière, et d’inquiéter le prince de Lorraine ausujet de l’Autriche. Le Roi craignait aussi que, s’iltenait son armée clouée à Prague, on ne l’accusât dene songer qu’à la conquête des trois cercles promis.Cette condescendance lui coûta bientôt sa nouvelleconquête.

Cependant, entraînée de nouveau au bord de l’a-bîme, Marie-Thérèse, à force d’énergie, allait se rele-ver. Deux précieux alliés lui venaient aussi en aide :l’apathie de ses ennemis, la divergence de leurs in-térêts. Pour couvrir momentanément l’Autriche et laMoravie, elle rassembla, en toute hâte, un corps detroupes : à sa voix, quarante-cinq mille Hongrois selèvent.

La molle conduite des maréchaux de Noailles et deCoigny a laissé paisiblement regagner la rive droitedu Rhin aux Autrichiens, qui aussitôt marchent sur laBohême; Frédéric y reste exposé seul à toutes leurs