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HISTOIRE
gros canon qu’il fallait abandonner; et, dans la nuitdu 25 au 26 novembre, il sortit de Prague. La garnisonprussienne défilait encore par la porte Saint-Charles,que déjà quatre cents Pandours s’étaient introduits,d’un autre côté, dans la place.
Einsiedel ayant passé l’Elbe à Buntzlau, se dirigea,par Leypa et Reichstadt, sur Friedland. Arrivé à Rei-cheinberg, et, sans doute trompé par ses guides, iltourna à gauche, et rencontra dans les montagnes, surles frontières de la Lusace, un corps saxon commandépar le général Arning, qui le resserra d’un côté, tandisque, de l’autre, le chevalier de Saxe, qui l’avait pour-suivi avec la meilleure partie de l’armée du duc deWeissenfels, l’enveloppait. Einsiedel se posta fièrementprès de Howald, dans un terrain étroit où ses troupestinrent ferme sous les armes et dans la neige jusqu’auxgenoux, depuis le 11 jusqu’au 13 décembre. Enfin, lelieutenant-général comte de Nassau vint le dégager, àla tête de douze mille hommes. Gagnant alors promp-tement Friedland, Einsiedel atteignit les frontières deSilésie avec cinq ou six mille hommes : le reste étaitmort de faim ou avait déserté ‘.
Telle fut l’issue de cette campagne de Silésie, sibrillante à son début, et dont tout l’honneur resta aumaréchal de Traun. Frédéric citait sa conduite commeun modèle de perfection. « Quant au Roi, aucun gé-
1 Frédéric, Histoire de mon temps, tome II; — Grimoard, Tableau dela vie et du règne de Frédéric le Grand; —Jomini, Traité des grandesopérations militaires.