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Tome I.
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HISTOIRE

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45 nique, comme si partout elle avait les moyens d’yparvenir.

Dans cette délicate conjoncture, Frédéric évita pru-demment tout éclat nuisible à ses intérêts ; le plan de laFrance devait amener une rupture entre Auguste etMarie-Thérèse : il l’accueillit.

Prévoyant toutefois que le Grand-Duc deviendraitempereur, que l’armée des alliés ne serait point heu-reuse en Bavière, et que la campagne de Flandre ab-sorberait toute l’attention des Français, il voulut seménager un solide appui : des négociations furentdonc entamées avec l’Angleterre. Le changement deministère lui donnait quelque espérance de succès.Georges s’était vu forcé de sacrifier à l’opinion publiqueson ministre Carteret, que le traité de Worms avait en-tièrement dépopularisé.

Toutefois, comme ce prince voulait continuer laguerre, les démarches pacifiques du roi de Prusse res-taient sans effet, bien qu’il eût attaché les nouveauxministres à ses intérêts. Aussi Frédéric, sans inter-rompre ses négociations, se tenait-il prêt pour la cam-pagne prochaine. On tira six millions du trésor, et lesÉtats avancèrent, à titre d’emprunt, quinze cent milleécus. De gros magasins furent formés en Silésie; jamaisles troupes prussiennes n’avaient été mieux équipées ;la cavalerie était au grand complet , l’artillerie pourvued’un matériel considérable, toute l’armée pleine d’ar-deur.

Frédéric sut toujours faire marcher de front la poli-tique et la guerre.