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HISTOIRE
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la tête des colonnes arriva près des ponts de Strigau,où l’on attendit que tous les corps fussent bien serrésensemble. Le 4 juin, à deux heures du matin, le Roi,ayant rassemblé ses principaux officiers, leur commu-niqua la disposition du combat 1 .
Dès que chacun fut à son poste, l’armée s’ébranla.La tête commençait à peine à passer le ruisseau, queDu Moulin lit avertir qu’ayant aperçu de l’infanterie surune éminence en face de lui, il avait rectifié sa posi-tion; qu’il venait de prendre par sa droite pour se for-mer sur une hauteur opposée à l’autre, et par laquelleil débordait même la gauche de l’ennemi. Cette infan-terie, c’étaient des Saxons chargés de prendre Strigau,et qui ne furent pas peu surpris de trouver les Prus-siens devant eux. Frédéric se hâta d’établir, sur le montTopaze, une batterie de six pièces de vingt-quatre : ledésordre qu’elle porta dans les rangs ennemis fut d’ungrand secours.
1 La voici : « L’armée se mettra incessamment en marche par ladroite, sur deux lignes; elle passera le Strigau; la cavalerie se mettraen bataille vis-à-vis la gauche de l’ennemi, du côté de Pilgramshain.Le corps de Du Moulin couvrira sa droite; la droite de l’infanterie seformera h la gauche de la cavalerie, vis-à-vis des taillis de Ronstock;la cavalerie de la gauche s’appuiera au ruisseau de Strigau, bien enavant de la ville de ce nom. Les dix escadrons de dragons et vingt dehussards qui composent la réserve se porteront derrière le centre dela seconde ligne, pour être employés où il sera besoin. Un régimentde hussards se formera, en troisième ligne, a chaque aile de cavalerie,pour en couvrir le liane ou pour servir à la poursuite. La cavaleriechargera impétueusement l’ennemi, l’épée à la main; elle ne ferapoint de prisonniers dans la chaleur de l’action; elle portera ses coupsau visage. Après avoir renversé et dispersé la cavalerie contre laquelle