Band 
Tome I.
Seite
325
JPEG-Download
 

DE FRÉDÉRIC II.

525

Schweidnitz, avec son avant-garde, et de poursuivre 1745ensuite les Prussiens sur Breslau. Le duc de Weissen-fels, avec ses Saxons, devait enlever Strigau, et de làse porter sur Glogau, pour en faire le siège. Trompépar un de ses propres espions, dupe lui-même d’uneruse de Frédéric, le prince Charles 11e se doutait pasque soixante-dix mille hommes allaient déranger sesplans.

Chaque jour, Frédéric visitait ses postes avancés; le2 juin, il était depuis assez longtemps déjà sur uneéminence devant le camp de Du Moulin, d’où l'on dé-couvrait toute la campagne, les hauteurs de Fursten-stein, et même un bout du camp autrichien près deReichenau, lorsqu’il vit un énorme nuage de pous-sière, s’élevant des montagnes, descendre dans laplaine, et serpenter de Kauder à Fregebeutel et Ron-stock. Bientôt la poussière, en tombant, laissa paraîtrel’armée autrichienne sortie des montagnes sur huitgrandes colonnes. Sa droite, appuyée au rocher deStrigau, tirait de là vers Ronstock et Hausdorff; sagauche, c’est-à-dire les Saxons, s’étendait jusqu’à Pii—gramshain : dispositions bien entendues, si le roi dePrusse eût en effet opéré le mouvement qu’il avait faus-sement fait révéler au prince Charles.

Aussitôt Du Moulin reçut ordre de lever le camp, àhuit heures du soir, de passer le ruisseau de Strigau etde se poster sur le mont Topaze, devant la ville. A lamême heure, l’armée se mit en mouvement, filant parla droite sur deux lignes, et dans le plus grand silence :il était même défendu au soldat de fumer. Vers minuit,