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Tome I.
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HISTOIRE

55fi

ms camp à l’autre, il se replie jusqu’à Staudenz. Les grandsdétachements, nécessaires pour couvrir les convois dela Silésie, ont diminué son armée, réduite à vingt-sixmille hommes. Le prince Charles, qui en a soixantemille, veut profiter de sa supériorité, et forme le projetde l’attaquer. Quittant son camp de Jaromirtz, il avancevers Konigshoff, et couvre sa marche par une nuée detroupes légères qui enveloppent le camp prussien.Frédéric, averti du mouvement des Autrichiens, en-voie, pour les reconnaître, le général Katzler, qui re-vient, pendant la nuit, sans avoir rien découvert que desimples partis.

Les troupes reçurent l’ordre de se mettre en mou-vement, le lendemain, 30 septembre, à dix heures.Vers quatre heures du matin, tandis que le Roi avaitauprès de lui les généraux du jour pour leur dicter lesdispositions de la marche, un officier vint l’avertir queles grands-gardes de la droite du camp découvraientune longue ligne de cavalerie, et, qu’à en juger parl’étendue de la poussière, ce devait être toute l’arméeennemie.

Un moment après, quelques officiers rapportèrentque plusieurs corps autrichiens commençaient à sedéployer vers la droite du camp.

Sur ces nouvelles, après avoir ordonné aux troupesde prendre incessamment les armes, Frédéric alla auxgrands-gardes, voulant juger, par ses propres yeux,de l’état des choses et du parti à prendre.

Maintenant, pour avoir une juste idée de la bataillede Sorr, il faut se représenter exactement le terrain