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Tome I.
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HISTOIRE

1745 une affaire d’arrière-garde, sûr d’avance du succès.Mais, sans balancer, Frédéric résolut de l’attaquer :ne valait-il pas mieux être écrasé en vendant chère-ment sa vie, que de succomber dans une retraite sansgloire, ou plutôt dans une fuite honteuse?

Quelque danger qu’il y ait à manœuvrer en pré-sence d’un ennemi déjà rangé en bataille, les Prus-siens, pour opposer un front parallèle, font un quartde conversion à droite, opération délicate exécutéeavec autant d’ordre que de célérité. Mais Frédéric nepeut présenter qu’une seule ligne aux Autrichiens qui,eux, sont sur trois de profondeur ; encore a-t-il falluexécuter ce déploiement sous le feu de 28 pièces decanon, disposées en deux batteries, et d’un bon nom-bre de grenades lancées parmi la cavalerie. Mais rienne déconcerte les Prussiens ; nul soldat n’est accessi-ble à la crainte, nul ne quitte son rang.

Cependant, quelle que soit la promptitude à se for-mer ainsi, la droite reste exposée, près d’une demi-heure, au canon de l’ennemi, avant que la gauche soitentièrement sortie du camp. Une fois le mouvementterminé, le maréchal de Buddenbrock, sur l’ordrequ’il en reçoit, attaque Vivement avec la cavalerie.Les Autrichiens avaient mal choisi leur emplacement ;la cavalerie, avec une espèce de précipice derrièreelle, était sur trois lignes qui, faute de terrain, man-quaient de la distance convenable; à peine comptait-on,entre chaque ligne, vingt pas d’intervalle.

Selon leur usage, ils tirent de la carabine; mais,n’ayant pas le temps de mettre l’épée à la main, ils