HISTOIRE
34 8
i <45 Charles, en lui faisant croire, par d’habiles manœuvres,qu’il se retirait en Silésie pour couvrir la Moravie;mettre en déroute, près de Gros-Hennersdorff, troisrégiments de cuirassiers saxons et un régiment d’in-fanterie de Saxe-Gotha; s’emparer de la garnison, desmagasins et delà place de Gœrlitz, y établir son quar-tier-général, cinq jours suffirent à tout. Après cetéchec, le prince Charles rentra en Bohême, sans ma-gasins, sans bagages, affaibli par la perte de cinq millehommes.
Effrayé de l’approche des Prussiens, le roi de Polo-gne abandonne Dresde, et se réfugie à Prague.
De son côté, Nassau ayant quitté la Haute-Silésie,marcha vers Landshut pour s’opposer à l’invasion deHohenems. Secondé de Winterfeld, il termina si heu-reusement cette expédition, qu’en moins de vingt-quatre heures il ne restait plus un Autrichien en Silésie.Mais le prince Charles, rentré en Bohême, le 27 no-vembre, par Gabel, ne renonce pas à son projet : il veutrevenir dans la Saxe par Aussig et Péterwald; Frédéricécrit au prince d’Anhalt : « J’ai frappé mon coup enLusace, frappez le vôtre à Leipsick, nous nous rever-rons à Dresde. » C’est le style de César.
Quand ces nouvelles arrivèrent à Dresde, la con-sternation y fut extrême ; loin de songer encore àmarcher sur Berlin, on ne pensa plus qu’à se dé-fendre.
Frédéric, qui voulait arrêter l’effusion du sang, etterminer cette guerre avant l’intervention armée de laRussie, offrit la paix au roi de Pologne, avec l’oubli