Band 
Tome I.
Seite
352
JPEG-Download
 

552

HISTOIKE

1745 Dès son entrée dans cette ville, le Roi alla rendre vi-site aux enfants d’Auguste, laissa à leurs ordres la gardedu château, et eut pour eux toutes les attentions qu’ondevait attendre de l’homme le plus poli de son siècle 1 .

Les troupes observèrent une discipline irréprochable,« afin que ce pays voisin et malheureux ne se ressentît(pie légèrement des fléaux d’une guerre dont le peupleétait innocent 8 . « Dans les églises, on chanta des TeDeum, au bruit de l’artillerie de la ville. Le roi de Prussefit ouvrir les boutiques qu’on avait fermées, et donna àdîner à tous les ministres étrangers. Le soir, au théâtre,fut joué l’opéra d ' Arminius, cet opéra où, sous le voiletransparent de l’allusion, le faible Auguste était célébrécomme le sauveur de l’Allemagne. Pendant la dernièreguerre, Brulh avait imaginé celte inconcevable flatterie,comme auparavant, à propos de la disgrâce du comte deSulkoswsky et des prétendus crimes que le Roi lui par-donna, il avait fait représenter la Clémence de Titus.C’est ainsi qu’il enivrait son maître. En présence desPrussiens, les musiciens saxons n’osèrent cependantpas tout exécuter; le chœur .-

Suite rovine altruiAl'/.ar non pensi il soglioColui che al sol’ orgoglioHiduce ogni virtù.

fut supprimé. Les chœurs des opéras d’Auguste valaient

1 Voltaire, Siècle de Louis XV.

5 Frédéric, Histoire de mon temps, tome II.