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Tome I.
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HISTOIRE

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pourra pousser la campagne prochaine avec la plusgrande vigueur. Si Votre Majesté a des projets qui puis-sent aider mes entreprises, je la prie de me les com-muniquer, car je me concerterai toujours de grandplaisir avec Elle. »

Frédéric fut très blessé de cette lettre, douce et po-lie en apparence, mais pleine d’ironie, vu les circon-stances, comme si l’on était convenu de remplacer, pardes épigrammes, les engagements réciproques du traitéde Versailles.

Il en a fait une piquante analyse 1 :

« Dépouillons cette lettre de tout verbiage, et exa-minons ce qu’elle dit réellement : « Je suis très-fâché« que vous ayez conclu le traité de Hanovre sans m’en« avertir, car le prince de Lorraine reviendrait en Al-« sace, si la reine de Hongrie l’acceptait. Ne voyez-vous« pas que la guerre d’Italie et de Flandre, que je sou-« tiens, est une diversion que je fais en votre faveur ?« car je n’ai nul intérêt à la conquête de la Flandre, et« l’établissement de mon gendre don Philippe en Italie« me touche peu. Conti sait si bien contenir les forces« principales de la reine de Hongrie en Allemagne, qu’il« a repassé le Rhin, et laissé faire un empereur à qui« l’a voulu; que Traun a pu détacher Grüne pour’ la« Saxe, et pourra le suivre avec le reste de ses troupes,« si la reine de Hongrie trouve à propos de l’employer« contre vous. J’ai fait de grandes choses pendant cette

1 Histoire de mon temps, tome II.