DE FRÉDÉRIC II. 557
« campagne ; on a aussi parlé de vous. Je plains la si-« tuation dangereuse où vous vous êtes mis pour l’amour« de moi; on n’acquiert de gloire qu’en se sacrifiant« pour la France. Témoignez de la constance et souf-« frez toujours; imitez l’exemple de mes autres alliés,« que j’ai abandonnés, à la vérité, mais auxquels j’ai<( donné l’aumône lorsqu’on les avait dépouillés de« toutes leurs possessions. Prenez conseil de votre es-« prit et de la présomption avec laquelle vous vous êtes« ingéré quelquefois à me donner des avis ; vous aurez« sans doute assez d’habileté pour vous tirer d’embar-« ras ; d’ailleurs, le froid de l’hiver engourdira vos en-« nemis, et ils ne pourront vous combattre. Si cepen-« dant il vous arrivait malheur, je vous promets que« l’Académie française fera l’oraison funèbre de votre« empire que vos ennemis auront détruit. Votre nom« sera placé dans le martyrologe où se trouve le nom« des enthousiastes qui se sont perdus pour le service« de la France, et qu’elle a daigné abandonner. Vous« voyez que j’ai fait des diversions ; je vous ai offert« jusqu’à un million de livres de subsides. Espérez<c beaucoup dans la belle campagne que je ferai l’été« prochain, pour laquelle je prépare tout, dès à pré-<( sent, et comptez que je me concerterai avec vous sur« tous les sujets où vous voudrez suivre aveuglémentte mes volontés, et vous conformer à tout ce qui s’ac-« corde avec mes intérêts. »
Ayant lu le commentaire, on concevra avec quellemaligne joie Frédéric dut adresser au roi de Francecette réponse :
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