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Tome I.
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DE FRÉDÉRIC II.

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une audience au moindre enseigne ou de le mal ac-cueillir. Un jour, le comte de Schwerin, conseiller delégation, eut, dans une cérémonie publique, une dis-pute de préséance avec un enseigne, qui ne voulut pascéder. S’en étant plaint au Roi : «La chose est parfai-tement juste, lui répondit le prince ; tout enseigne de-vant avoir le pas sur un conseiller de légation. » Aussi-tôt le jeune comte, neveu de l’illustre général tuédepuis à Prague, alla déclarer à son oncle qu’il vou-lait entrer dans l’armée, puisque le Roi plaçait le mili-taire si fort au-dessus du civil. C’est par le père deFrédéric que cette prééminence de l’état militaire avaitété consacrée. Quant à lui, il manifesta plusieurs foisle désir de trouver un juste milieu. Mais cet équilibreétait impossible sous un conquérant environné de tro-phées et de légions victorieuses. L’anecdote du comtede Schwerin le prouve.

Quant aux enrôlements, ils se faisaient de deux ma-nières : 1° par le mode cantonnai ou national, dont ona parlé plus haut 1 ; tous les sujets prussiens étaientpartagés en exempts et non exempts, eximirte und nichleximirte. Dans les premiers figuraient tous les nobles,les hommes adonnés à certaines études, les professeursdes sciences et arts libéraux, les ministres de la parolede Dieu, les commerçants et industriels considérables;enfin, nombre d’individus utiles, qu’à l’aide de ce pri-vilège on cherchait à attirer dans le pays. 2° Au moyendes recruteurs envoyés dans les villes impériales, sur

1 Voir l'Introduction.

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