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Tome I.
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HISTOIRE

1715 -

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les frontières de l’Empire, de la Hollande, de la France,et à Neufchâtel; mais ce dernier moyen, fort dispen-dieux en lui-même, puisque chaque homme ainsi ac-quis 11e revenait pas à moins de six cents livres, avaiten outre le grave inconvénient de jeter dans l’arméeune foule de déserteurs, de vagabonds, de mauvaissujets : de là, la nécessité d’une discipline dont la sévé-rité dépassait toute croyance.

Jamais, au reste, le nombre de ces étrangers ne de-vait excéder, dans les régiments, le tiers des nationaux.

Quant aux permissions de mariage, elles s’accor-daient très-facilement, le soldat devenant ainsi plusrangé, plus attaché à ses devoirs et plus heureux.

Frédéric ne tolérait qu’avec peine, dans ses troupes,des officiers qui 11e fussent point nobles, et n’admettaitguère le-roturier aux honneurs de l’épaulette que dansles régiments d’artillerie, de génie et de garnison. Cesderniers corps, les régiments de garnison ', étaient lesmoins estimés de l’armée prussienne. Quant à l’artil-lerie et au génie, le Roi craignait de ne point trouverassez de sujets instruits, s’il choisissait seulement parmiles nobles.

En agissant ainsi, Frédéric n’obéissait-il qu’à uuaveugle préjugé? Non, sans doute. Entouré d’une no-blesse nombreuse, surtout dans les provinces, et peuéclairée encore, il sentit que, pour ne point écraser lepays, on devait utiliser tous les bras. Or, le point d’hon-

1 Ces régiments étaient différemment composés, les uns n’ayantqu’un bataillon, d’autres en ayant quatre.