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Tome I.
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DE FRÉDÉRIC II.

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neur n’ouvrant aux nobles que la carrière des armes, 1745 -ceux-ci ne pouvaient, sans déroger, servir autrementleur pays ; tandis qu’il était permis aux roturiers de serendre utiles de toutes les manières. Repoussant doncles uns vers les professions civiles, Frédéric s’efforçaitd’attirer les autres vers la seule qu’ils fussent aptes àremplir ; et l’on ne peut qu’admirer l’esprit de corpsqu’il sut créer ainsi parmi les officiers. Ce qui prouvecombien ce prince était embarrassé de ses nobles,c’est qu’il en créa peu de nouveaux ; il éprouvait memeune sorte de répugnance à reconnaître pour tels ceuxqui venaient s’établir dans ses États.

En campagne, il n’exigeait de ses officiers que dudévouement ; mais la paix avait des dangers pour tousceux dont la noblesse n’était pas bien constatée 1 .Après la guerre de Sept-Ans, de braves militaires,coupables du seul délit de roture, furent renvoyéssans égards pour leurs longs services. Aux yeux deFrédéric, toute considération, même la reconnais-sance, devait fléchir devant un principe de gouver-nement.

Au reste, si la naissance était un titre d’admissionau rang d’officier, elle ne dispensait pas d’un rigoureuxapprentissage. Dans la guerre de 1778, le fils aîné duduc .de Saxe-Cobourg, capitaine au service de Prusse,s’ennuyant de ce grade subalterne, sollicita de l’avan-cement : « Prince, lui répondit le Roi, j’ai cru vousfaire beaucoup d’honneur en vous nommant capitaine

1 Thiébault, Mes souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin, etc.