DE FRÉDÉRIC II.
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Frédéric écrivit aux chefs de cette nouvelle famille que,s’ils voulaient envoyer des représentants sur les lieux,avec une cession en bonne forme de tous les intéressés,et que ces délégués voulussent s’établir dans ses États,il renoncerait, en leur faveur, au droit d’aubaine, etles ferait mettre en possession de la succession vacante.
Deux jeunes frères vinrent. Voulant les connaître,le Roi les fit appeler, leur adressa diverses questions,et, le soir même, il disait à Thiébault : « Il n’y a doncplus d’éducation en France, monsieur? ou bien la no-blesse en abandonne tous les avantages à la roture ?Est-ce que vos écoles, vos collèges et vos universitéssont fermés ! ou vos nobles n’y envoient-ils plus leursenfants ? car j’observe depuis quelque temps que toutce que je vois de nobles français est d’une ignorancehonteuse et inconcevable. Jugez-en par ce qui m’estarrivé ce matin : deux frères, jeunes, nobles et fran-çais, qui vont s’établir en telle province, se trouventici : j’ai voulu les voir, causer avec eux, et les juger.Eh bien, monsieur, ils ne connaissent pas même leurpropre maison. Après m’être assuré qu’ils ne savaientabsolument rien sous tous les autres rapports, je mesuis avisé de leur demander si le fameux grand-maître •de Malte, qui n’est connu dans l’histoire que sous leurnom, était de leur famille. C’était une malice de mapart, car je savais bien qu’il n’en était pas. L’aîné desdeux, le seul qui m’ait fait quelques réponses, n’a passu ce qu’il en était : je lui dois pourtant la justice d’a-vouer qu’il a au moins été honnête. Il n’a pas osé selarguer d’une alliance aussi glorieuse, cl il s’est borne