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HISTOIRE
A bien considérer les choses, le roi de Prusse n’avaitpoint trop à se plaindre du traité d’Aix-la-Chapelle :presque toutes ses possessions lui étaient conservées ;le sacrifice de quelques petits États dont la perte ne de-vait pas l’affaiblir, garantissant son nouvel ordre desuccession, en faisait une loi générale et authentiquede l’Europe.
Louis XY avait, durant la guerre et lors du congrès,donné des preuves éclatantes de désintéressement ;mais ce désintéressement coûtait cher au royaume, etle dispendieux établissement de don Philippe dansles duchés de Parme, de Plaisance, de Guastalla, nepouvait rien ajouter aux forces réelles, ni à la considé-ration de la France et de l’Espagne. Protectrice d’unprince trop faible pour se défendre lui-même contreses voisins, la Maison de Bourbon s’imposa un lourdfardeau. Il est vrai qu’en consolidant entre les mainsdu roi de Prusse la possession de la Silésie, elle susci-tait, en Allemagne, un redoutable rival à l’Autriche.
Pourquoi le cabinet français, oubliant que, dans leNord, Frédéric était son plus utile allié, abjura-t-il
rent des contestations, que reproduisit un article du traité d’Aix-la-Chapelle, portant : « Que toutes choses seraient remises sur le pied oùelles étaient avant la guerre. » L’Angleterre, invoquant les commis-sions mêmes des officiers français et les traités précédents, réclamadonc tout le territoire qui s’étendait entre le fleuve Saint-Laurent, larivière de Pentagonet ou de Penobscot et l’Océan atlantique.
De son côté, la France voulait restreindre l’Acadie à la partie méri-dionale de la péninsule, partie comprise entre les caps de Sainte-Marieet de Canseau.