1)E FRÉDÉRIC II.
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Malgré la cessation des hostilités, l’avenir ne s’offrait mspas sans nuages; c’était moins une paix qu’un reposarmé : un million de soldats, que leurs foyers récla-maient en vain, semblaient attendre le signal de nou-veaux combats.
En étudiant, avec soin, les clauses du traité d’Aix-la-Chapelle, il est facile de voir que la nécessité seuleavait interrompu le cours des événements militaires.
Afin de hâter la conclusion de la paix, de très-gravesquestions n’avaient été qu’ébauchées; au présent onsacrifia l’avenir. Quand le comte de Saint-Séverin par-tit de Versailles pour le congrès, madame de Pompa-dour, depuis peu maîtresse du Roi, lui avait dit : « Aumoins, souvenez-vous, monsieur, de ne pas revenirsans la paix; le Roi la veut à tout prix. »
C’était, en éteignant d’une main l’incendie, ramas-ser, de l’autre, des matières combustibles. Pour ré-veiller des troubles, il ne fallait que la mort du nou-veau roi d’Espagne; la moindre étincelle pouvaitrallumer la guerre entre la France et l’Angleterre, re-lativement aux limites du Canada, que les vagues ex-pressions du traité laissaient indéterminées. Cet écueil,on l’eût facilement évité en précisant un fleuve, unerivière ou une chaîne de montagnes. Ici surtout les di-plomates français furent complètement joués par l’ha-bileté britannique 1 .
1 L’article 12 du traité d’Utrecht, par lequel la France avait cédé al’Angleterre l’Acadie ou la Nouvelle-Écosse, portait : « En son entier,conformément à ses anciennes limites. » Ces termes vagues enfanté-