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Tome I.
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HISTOIRE

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1756* ^ r ®rïéric, durant ces paisibles années, se livra à sesétudes chéries, leur consacrant tout le temps que luilaissaient les soins du gouvernement. C’est un phéno-mène inouï dans les annales de l’esprit humain, que ceroi du Nord, à la fois conquérant, législateur, histo-rien et poète, si Allemand par le cœur, si Français parses goûts, par ses habitudes littéraires, par son lan-gage, et qui ne se reposait des plus austères préoccu-pations qu’au sein des Muses, dans le commerce desgrands hommes. Frédéric, par l’usage qu’il en fit,doubla la puissance intellectuelle dont la nature l’avaitsi libéralement doté.

Il apparaît de temps à autre quelques familles quela Providence semble s'être plu à traiter avec une pré-dilection particulière, en leur accordant, rare privilège,la double couronne du génie et de la royauté. Celle deFrédéric fut de ce nombre. A cette époque, en effet, laMaison de Brandebourg brillait de tous les dons de l’es-prit, de tous les reflets de la gloire. La Prusse se rap-pelle avec orgueil les exploits du prince Henri, digneémule de son frère. Également dévoués à l’État, tousdeux apportaient dans ce dévouement les différencesde leurs caractères personnels. Hardi, impétueux, par-fois téméraire, Frédéric fit des fautes à la guerre;Henri, calme, réservé, sagement circonspect, n’encommit aucune. Non moins ami des lettres et des arts,

. il entretint d’intimes relations avec les plus célèbresécrivains de l’Europe. Tout entier, pendant la paix,aux charmes de la vie privée, ce prince ne quittait sadélicieuse retraite de Rheinsberg que pour satisfaire