DE FRÉDÉRIC H.
Aid
plus suave, plus enivrant n’était monté vers un trône. 1750-Mais, sou s tant d’ingénieuses flatteries, c’étaient des refusque cachait Voltaire. En effet, quitter à cinquante-sixans, avec une frêle santé, la France et ses amis pour unciel rigoureux, lui semblait peu sage. D’un autre côté,en butte dans sa patrie à l’envie des gens de lettres, àla haine d’un parti puissant, l’auteur de Mahomet etdes Lettres philosophiques prévoyait des persécutions :Louis XV ne l’aimait pas; madame de Pompadour, quine voulait que des esclaves, ne lui pardonnait point des’être insurgé contre les injurieuses préférences pro-diguées à Crébillon. Ceg dernières considérations étaientgraves : elles l’emportèrent, et enfin, après six mois delutte, malgré tous les efforts de sa famille, Voltaire ar-riva à Berlin.
Astolphe ne fut pas mieux reçu dans le palais d’Al-cine '. Frédéric, heureux et fier d’une telle conquête,établit, à Postdam, son nouvel hôte, au-dessous de lui,dans l’appartement même qu’avait occupé le maréchalde Saxe; les équipages de la cour furent mis à ses or-dres; tous les jours, une table de six couverts étaitservie chez lui. « Les soupers étaient très-agréables.Je ne sais si je me trompe, il me semble qu’il y avaitbien de l’esprit : le Roi en avait et en faisait avoir ; et.ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est que je n'aijamais fait de repas si libres. Je travaillais, deux heu-res par jour, avec Sa Majesté; je corrigeais tous ses
1 Mémoires pour servir à la vie de. M. de Voltaire, écrits par lui -même.
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