I)E FRÉDÉRIC II.
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philosophe, je le suis de même : qu’y a-t-il de plusnaturel, de plus simple et de plus dans l’ordre quedes philosophes, faits pour vivre ensemble, réunispar la même étude, par le même goût, et par unefaçon de penser semblable, se donnent cette satis-faction ?
« Je vous respecte comme mon maître en éloquenceet en savoir; je vous aime comme un ami vertueux.Quel esclavage, quel malheur, quel changement, quelleinconstance de fortune y a-t-il à craindre dans unpays où l’on vous estime autant que dans votre patrie,et chez un ami qui a un cœur reconnaissant? Je n’aipoint la folle présomption de croire que Berlin vautParis. Si les richesses, la grandeur, la magnificencefont une ville aimable, nous le cédons à Paris. Si lebon goût, peut-être plus généralement répandu, setrouve dans un endroit du monde, je sais et je con-viens que c’est à Paris. Mais vous, ne portez-vous pasce goût partout où vous êtes? Nous avons des organesqui nous suffisent pour vous applaudir ; et, en faitde sentiments, nous ne le cédons à aucun pays dumonde. ]
« J’ai respecté l’amitié qui vous liait à madame duChâtelet; mais, après elle, j’étais un de vos plus an-. ciens amis. Quoi ! parce que vous vous retirez dans mamaison, il sera dit que cette maison devient une pri-son pour vous! Quoi! parce que je suis votre ami, jeserai votre tyran! Je vous l’avoue, je n’entends pascette logique-là ; tant que je vivrai, vous serez heureuxici, et regardé comme le père des lettres; vous trou-
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