RE FRÉDÉRIC II.
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(le petit couvert, autrement dit la table de confidence du J^so-Jloi). Il semble que le monarque se plaise à s’y dé-pouiller de la royauté pour ne paraître que le plus ai-mable des hommes. Mais, en revanche, il a la satis-faction de voir tomber, de notre côté, le voile dont lescourtisans couvrent toujours leur visage, lorsqu’ilsapprochent delà majesté. Ici, l’on voit un roi qui prendl’air d’un protecteur aimable, et des sujets favorisésqui marchent sous ses yeux sans se garantir de pieden cap par des armes défensives; les cœurs y sontmutuellement à découvert , et l’esprit n’y est pointgêné par des entraves. On se met à souper à l’issue duconcert; la conversation s’anime, et le Roi est quel-quefois étonné d’entendre sonner deux heures apresminuit, quand il croyait n’avoir été qu’une heure àtable ’. »
Autour des convives, nuis domestiques, point detémoins fâcheux. A un signal convenu, le plancher,pour donner passage aux objets nécessaires, s’ouvrait :
1 Lettres du baron de Bielfeld.
Frédéric, encore prince royal, l’avait connu dans un voyage à.Brunswick. Dès son avènement, il l’appela à son service, et l’envoya,comme secrétaire de légation, a Londres. Mais, s’apercevant bientôtde l’inaptitude de son protégé pour la diplomatie, le Boi le nomma, en1745, précepteur du prince Auguste-Ferdinand ; puis, en 1747, cura-teur des universités, et, en 1748, baron et conseiller privé.
Bielfeld a publié plusieurs ouvrages : 1° Institutions politiques;2° Progrès des Allemands dans les belles-lettres; 3° Amusements dra-matiques; 4° Lettres familières; 5° L’érudition universelle, ou analyseabrégée de toutes les sciences, des beaux-arts et des belles-lettres, — Ila rédigé aussi l’Ermite , feuille périodique allemande