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Tome I.
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HISTOIRE

i7ôo- tout le service montait ainsi et redescendait de môme.

1756

Rien jusqu’alors n’avait troublé l’union du monar-que et du philosophe ; mais, grande était leur erreurde se croire faits pour vivre ensemble. Une irrésistiblesympathie avait entraîné Frédéric et Voltaire l’un versl’autre : une force non moins impérieuse devait lesséparer; irascibles tous deux, tous deux aspirant àune sorte de dictature intellectuelle, c’était de loinseulement que de tels hommes pouvaient s’admirer enpaix. Ils s’étaient désirés avec passion; ils se virentavec enthousiasme, et se quittèrent avec scandaleMais cette rupture, dont toute l’Europe parla, n’eûtéclaté que plus tard, peut-être même se fût-elle ac-complie en silence, sans quelques intrigues subalter-nes, tristes vengeances de l’envie, lâches plaisirs dela médiocrité.

Fier de son voyage en Laponie, et d’une vaste re-nommée, Maupertuis avait vu, sans ombrage, l’arrivéede Voltaire à Berlin : il croyait, sinon l’effacer, dumoins soutenir la comparaison et partager, aveclui, le premier rang. Bientôt, son attente fut déçue.Blessé au vif, il donna libre cours à son humeur des-potiquement envieuse; cette prééminence, qu’il nepouvait obtenir, Maupertuis voulut l’arracher ; mais legéomètre alla se briser contre Voltaire.

Cependant le jaloux président travaillait dans l’om-bre, secondé par quelques hommes de lettres qui s’in-dignaient de n’être que les courtisans du maître, tandisque Voltaire était son ami. Celte familiarité, fruit dugénie, les révoltait comme un tort fait à leur propre