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Tome I.
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DE FRÉDÉRIC II.

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V

le silence, se crut dispensé de le garder : ses plaisan- J li-teries tombèrent sur les deux partis. Voltaire repritalors les armes. Il ne pensait pas que le privilège de semoquer seul de tout le monde fût compris dans la pré-rogative royale *.

Frédéric apprend donc qu’une satire sanglante con-tre Maupertuis, sous le titre du Docteur Akakia, va pa-raître 8 . Aussitôt, pour dissiper l’orage, il invite, avecune grâce charmante, le terrible adversaire du prési-dent à venir au château; et là, du ton le plus amical, ils’efforce de le désarmer : « Vous avez fait, tlit-on, moncher Voltaire, un ouvrage aussi agr éable que piquantcontre M. de Maupertuis : à ce sujet, je vais vous par-ler en toute franchise, et comme on peut le faire avecun ami. Certes, mon intention n’est pas de vous direque Maupertuis n’ait point de torts envers vous, ou quevous en ayez envers lui. Loin de là, j’en conviens, ledroit de se plaindre et la raison sont de votre côté :aussi, à ne considérer que lui, vous F abandonnerais-jesans difficulté; mais remarquez, je vous en prie, quej’ai appelé cet homme à mon service; que je l’ai placéà la tète de mon académie ; que je lui ai accordé lememe traitement qu’à mes ministres d’Ëtat ; que je l’aiadmis dans ma société la plus familière, et que je lui

1 Condorcet, Vie de Foltaire.

2 Thiébault, Mes souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin, tomel.

On ne saurait trop consulter cet ouvrage, plein de détails curieux.

et dejugements impartiaux.

M. le lieutenant-général Thiébault en a récemment donné une quu-«rième édition : c’est un digne hommage à la mémoire de son père.