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HISTOIRE
1750-
175G
ai permis d’épouser une des dames d’honneur de iaReine, fille d’un de mes ministres, une demoisellede Bredow, c’est-à-dire appartenant à l’une des plusanciennes et des plus considérables familles de monroyaume.
« J’ai tant fait pour lui, au vu et au su de toutel’Europe, que je ne puis plus consentir à son entieravilissement, sans me compromettre moi-même. Sivous le couvrez d’opprobre, j’en recevrai nécessaire-ment des éclaboussures; et, en le souffrant, je donneun vrai scandale : on m’en blâmera, et toute la no-blesse de ce pays y trouvera pour elle-même une au-tre mortification qu’elle m’imputera. Pesez bien, jevous en prie, toutes ces circonstances ; voyez ce que jedois solliciter de votre amitié, ce que vous devez ac-corder à la mienne et à la raison. Je sais tout ce qu’ilen peut coûter à un auteur de sacrifier un de ses ou-vrages, surtout quand l’idée en est heureuse et queles détails en sont aussi agréables qu’ingénieux ; maisà qui un sacrifice semblable devrait-il moins coûterqu’à vous? Une perte de cette nature, irréparablepour tout autre, ne sera rien pour M. de Voltaire, leplus fécond, le plus beau génie du monde. Vous, siriche en idées et en talents ! Vous dont la gloire re-pose sur tant d’autres productions plus importantes !Et que vous faudra-t-il de plus que la volonté pouren créer d’autres non moins dignes de vous ? Ne dou-tez pas néanmoins, qu’en me sacrifiant le romanallégorique dont il s’agit, vous ne me donniez unedes preuves d’amitié les plus précieuses. Oui, je ne