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Tome I.
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HIST01UE

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fit aussitôt reporter à son chambellan ces brillâmesmarques de servitude, comme les appelait Voltaire, avecune forte dose de quinquina.

On sentit qu’il fallait tenter une autre voie : nou-velle pétition pour obtenir la faculté de se rendre auxeaux de Plombières ; réponse amicale du Roi qui mandequ’on en trouvera d’aussi bonnes en Silésie.

Las de cette inutile correspondance, Voltaire se dé-termine à voir Frédéric, et le moyen lui réussit : quel-ques heures d’entretien ont dissipé tous les nuages, lapermission tant désirée est obtenue. Dans l’excès desa joie, Voltaire s’engage à revenir ensuite à Berlin,jurant bien, au fond de l’âme, de n’y jamais remettreles pieds.

Le Roi était à la parade, lorsqu’on vint lui dire :« Sire, voici M. de Voltaire qui vient prendre les or-dres de Votre Majesté. » Se tournant alors : « Ehbien ! monsieur de Voltaire, vous voulez donc absolu-ment partir? — Sire, des affaires indispensables, etsurtout ma santé, m’y obligent. — Monsieur, je voussouhaite un bon voyage. »

Tels furent leurs adieux. C’était le 26 mai 1755; ilsne devaient plus se revoir.

Voltaire comptait rester quelques jours à Leipsick,pour se concerter avec madame Denis et ses amis deParis. A peine arrivé, il y reçut de singulières nou-velles de Maupertuis. De toutes parts, on voyait leDocteur Âkakia renaître de ses cendres : les librairesd’Allemagne et de Hollande, s’imaginant qu’un ou-vrage brûlé aurait beaucoup de débit, s’étaient hâtés