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Tome I.
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DE FKÉDÉKIC II.

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garde à vous.Est-ce que vous ne m’entendez pas?

Je veux absolument savoir ce qu’il a fait et dit. Parlez,je le veux : dites. » Enfin le page, vaincu par sa terreurmême, s’arrêtant à chaque mot, et plus tremblant en-core qu’il ne l’avait été chez Voltaire, raconta, sanslever les yeux, tout ce qu’il avait vu et entendu. A mesurequ’il avançait dans son récit, le Roi allait et venait àgrands pas; puis s’arrêtait, regardant fixement lepauvre narrateur : son visage s’enflammait, son œilétait terrible ; tout présageait une violente explosion ;lorsque le page arrivant aux derniers mots de Voltaire,le monarque redevenu subitement calme, sourit enhaus-sant les épaules, et termina cette grande affaire par cesmots ; « C’est un fou 1 . »

Frédéric fut-il dupe de l’adroit compliment de Vol-taire? ou plutôt ne feignit-il d’y croire que pour éviterun éclat ? C’est au lecteur à prononcer.

Enfin Voltaire, prétextant des raisons de santé etdes affaires de famille, demanda son congé. Les quatrevers suivants accompagnaient la croix du Mérite, qu’ilrenvoyait au Roi avec le brevet de sa pension et la clefde chambellan :

Je les reçus avec tendresse,

Et je les rends avec douleur,

Comme un amant, dans sa jalouse ardeur,

Rend le portrait de sa maîtresse.

C’était mettre une sorte de coquetterie dans sesadieux. Frédéric, tournant la chose en plaisanterie,

1750 -

1756

1 Thiébault, Mes souvenirs, etc.