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HISTOIRE
1753 -
1766
y comptait plusieurs hommes distingués. Un seul bien,mais de tous le plus précieux, manqua à cette compa-gnie, l’indépendance. C’était là le vice de sa constitu-tion. Il faut sans doute attribuer à ce motif le singulierjugement qu’elle porta dans une circonstance mémo-rable : chaque classe proposait successivement un sujetde prix ; le tour de la classe de Philosophie spéculativeétant venu, deux de ses membres, Sulzer et Beguelinfirent adopter une question purement métaphysique, etsans application possible. D’Alembert eut le couragede dire à Frédéric que son Académie suivait une mau-vaise route; qu’au lieu d’encourager un travers na-tional, il fallait substituer à cette stérile polémique desdiscussions sérieuses et profitables. Pour donner unexemple de ces questions telles qu’il les concevait,d’Alembert proposa de demander, « s’il peut jamaisêtre permis de tromper le peuple, ou s’il vaut mieuxlui découvrir en tout la vérité. »
Enchanté d’une observation dont la justesse l’avaitfrappé d’abord, Frédéric accéda au vœu du philosophe ;l’Académie reçut ordre de mettre au concours le nou-veau sujet.
Mais, lorsqu’au terme fixé pour adjuger ce prix lesAcadémiciens eurent à prononcer entre les divers con-currents, ces messieurs prouvèrent du moins pour cettefois, dit un membre de la même compagnie 1 , qu’ils seconnaissaient en politique pratique, aussi bien que d’A-lembert en politique morale. Après avoir déclaré que les
1 Tliiébault, Mes souvenirs , etc