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académies, on couronnant des discours ou des mé-moires, ne récompensent que les recherches et les ta-lents, sans adopter pour cela les opinions des auteurs,ils partagèrent le prix entre les deux ouvrages qui dé-montraient le mieux, l’un qu’on pouvait quelquefoistromper le peuple, l’autre qu’on ne le pouvait jamais.C’était singulièrement répondre au noble appel du Roi.
Quelques personnes se sont vivement élevées contrel’obligation imposée par ce prince à l’Académie, d’em-ployer exclusivement dans la rédaction de ses travauxla langue française. Aujourd'hui une telle mesure neserait qu’un acte vexatoire, une odieuse affectation demépris pour l'idiome national; mais, quand Frédéricmonta sur le trône, il en était bien autrement; toutes lesécoles retentissaient encore de vaines subtilités méta-physiques,qui,en arrêtant le développement des esprits,opposaient aux progrès du goût d’inexpugnables bar-rières. A la même époque, au contraire, la littératurefrançaise, riche des trophées du grand siècle, avaitdroit de cité dans l’Europe entière; des chefs-d’œuvreen tout genre assuraient sa suprématie. Frédéric pensaque la communauté de langage, associant l’Académie àcette considération immense, répandrait au loin sestravaux. De plus, en familiarisant ses compatriotes avecune foule d’ouvrages remarquables, soit dans les scien-ces, soit dans les lettres, il ouvrait aux lumières de laFrance une route assurée vers la Prusse. Son attente nefut point déçue. Les mémoires de l’Académie de Berlintrouvèrent des lecteurs parmi les hommes instruits detous les pays. Plus tard, Frédéric-Guillaume II voulut
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