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HISTOIRE
1753- sicale n’ayant point réussi, le monarque plaça ailleurset plus utilement ces fonds.
Non content de réunir autour de lui, dans sa cour,dans son Académie, dans ses universités, une élite desavants, de poètes, d’artistes, Frédéric entretenait,avec plusieurs contrées de l’Europe, des relations dignesde lui, distribuant des secours au mérite indigent, desrécompenses aux découvertes utiles; offrant asile etprotection aux victimes de l’arbitraire, aux martyrs detoutes les persécutions. Protecteur de Jean-Jacques, ildisait en parlant de Christophe de Beaumont, exilé de lacour : « Que n’est-il venu dans mes États ! j’auraisfait la moitié du chemin. »
En France, d’Alembert ne pouvait obtenir la pensionde l'Académie des Sciences : le roi de Prusse lui enassigna une, se chargeant, en quelque sorte, du noblesoin de réparer les injustices étrangères 1 . Il lit tous sesefforts pour déterminer cet illustre géomètre à accepterla présidence de l’Académie de Berlin ; mais le savantresta fidèle à sa patrie, dont pourtant il avait à seplaindre.
Un trait plus glorieux encore pour d’Alembert, c’estqu’il employa son crédit à réhabiliter, dans l’esprit deFrédéric, Euler son rival, coupable de torts graves eu-
1 a Autrefois Louis XIV, par les conseils de M. Colbert, cherchait hdécouvrir les gens de mérite dans l’Europe, pour les combler de bien-faits. Aujourd’hui un grand roi les trouve sans avoir besoin des yeuxde Colbert. Le roi de Prusse vient de donner une pension de douzecents livres h M. d’Alembert. » (Grimm, Correspondance littéraire , phi-losophique et critique, aie., lome\.)