DE FRÉDÉRIC H.
4C5
innovation substitua au langage étranger l’idiome na-tional. Fidèle au même principe, le Roi abolit l’usagebarbare, trop longtemps répandu en Europe, d’écrireen latin sur des matières que le peuple doit connaître,et d’où dépendent la vie, l’honneur, la liberté des ci-toyens.
Afin d’inspirer aux Prussiens le goût des beaux-artspar la vue des modèles, il acheta, en 1741, la collectiond’antiques du cardinal de Polignac, sauf la famille deNiobé, acquise par Louis XV. Adam, qui modela la statuedu feld-maréchal de Schwerin, Tassaert et plusieurs au-tres sculpteurs appelés par le Roi, résidèrent longtempsen Prusse; Amédée Van-Loo peignit les plafonds dunouveau Sans-Souci.
De somptueux édifices s’élevèrent à Postdam et àBerlin. Mais cette magnificence avait toujours un bututile; témoins, l’Hôtel des Invalides, noble asile ou-vert, comme l’annonce cette inscription fournie parMaupertuis, læso, sed invicto militi, Au guerrier mutilé,mais invaincu; la Bibliothèque publique, etc. Tandisqu’ailleurs les capitales ne s’embellissent que trop sou-vent aux dépens des provinces, Frédéric répandaitégalement la vie sur tous les points du royaume. Mal-heureusement, le mauvais goût dépara souvent lesconstructions de son règne.
Économe jusqu’à la parcimonie dans son intérieur,nulle dépense, s’il l’a croyait utile .aux progrès desarts, ne l’arrêtait. Durant plusieurs années, il consacrades sommes d’argent assez considérables à l’entretiend’une troupe de chanteurs italiens. Cette tentative mu-
1753
1750