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HISTOIRE
1753 -
1756
Un habitant de Berlin tenait sur Frédéric les proposles plus menaçants; on le dénonça au Roi : « A-t-ildeux cent mille hommes à ses ordres? demanda leprince; non ; eh bien ! que peut-il me faire? »
Durant la guerre de Sept-Ans, Frédéric, étant àDresde, vit, un matin, pâlir et trembler le domestiquequi lui apportait son déjeuner : « Qu’avez-vous ? » luidemanda-t-il d’un ton sévère. Le domestique crut soncrime découvert, et se jeta à genoux en implorant sagrâce. On fit l’essai du poison sur quelques animaux,qui périrent à l’instant môme. Cette affaire causa beau-coup de bruit, on cita même les personnages qui avaientséduit ce misérable. Mais aucune poursuite n’eut lieu :le Roi se contenta d’envoyer le criminel comme tam-bour dans un régiment au fond de la Prusse.
Malgré sa discipline de fer, Frédéric était chéri dessoldats : tous voyaient en lui un ami, un père. Depuislongtemps un vieux sergent sollicitait une place, maistoujours en vain. Rebuté, il écrivit au Roi, en lui de-mandant de l’emploi dans l’inspection des sels. Frédé-ric envoya la pétition au ministre Werder, avec cesmots de sa main : « J’espère que vous ne rejetterez pasmes invalides. Vous avez été soldat vous-même ; je le
Mais que, parmi les rois, depuis on m’a compté.Attestez hardiment que la philosophieA dirigé mes pas et réformé ma vie.
Dites qu’en admirant le système des dieux,
J’ai préféré ma lyre aux arts fastidieux;
Que, sans haïr Zénon, j’estimai3 Epicure,
Et pratiquais les lois de la simple nature,
Que je sus distinguer l’homme du souverain;Que je fus roi sévère et citoyen humain, etc.