DE FRÉDÉRIC II.
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suis encore, moi, et je suis bien aise que l’on prenne 1 im-soin de mes camarades. »
Un caporal des gardes du corps, aussi vaniteux quebrave, portait une chaîne de montre à laquelle, fautede mieux, il avait attaché une halle de fusil. Frédéricle sut : « A propos, caporal, lui dit-il un jour, il fautque' tu sois bien économe pour avoir pu acheter unemontre : il est six heures à la mienne; voyons, quelleheure as-tu, toi ? — Sire, répondit le caporal en tirantla balle de son gousset, ma montre 11e marque ni cinqheures ni six heures ; mais elle m’avertit, à chaque in-stant, que je dois toujours être prêt à mourir pourVotre Majesté. — Tiens, mon ami, lui dit le Roi atten-dri, prends cette montre, afin que tu puisses voir aussil’heure où tu mourras pour moi. » Elle était enrichie(1e diamants.
Transportée sur la scène, la célèbre aventure du pagea subi quelques altérations. Voici le fait tel qu’il eutlieu. Un jour Frédéric, ayant sonné plusieurs fois, etpersonne ne venant, alla lui-même appeler un de sespages. Il le trouva endormi dans une chambre voisine;une lettre ouverte était sur ses genoux : Frédéric la lut.
La mère de ce jeune homme le remerciait des secoursqu’il lui envoyait ; elle finissait en disant que Dieu lebénirait pour sa pieuse tendresse. Ému des vertus dupage et du dénuement de sa mère, le Roi glissa centducats dans sa poche, et se retira.
Rentré dans sa chambre, il sonna si fort que le pageréveillé entra. « Tu as bien dormi, » lui dit le Roi. Con-fus, voulant s’excuser, le page porte la main à sa poche,
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