HISTOIRE
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1753- et sent le rouleau. Il le tire, pâlit, regarde le Roi et fond
1756 en larmes, sans pouvoir prononcer une parole.«Qu’as-tu donc ? — Ah ! Sire, s’écrie le page en tombant à sesgenoux, on veut me perdre : d’où peut venir cet argentque je trouve dans ma poche ? — Mon ami, lui répondle Roi, Dieu nous envoie souvent le bien en dormant.Envoie cela à ta mère, salue-la de ma part, et dis-luique j’aurai soin d’elle et de toi. »
Sans doute ce prince exigeait de l’exactitude dans leservice ; mais il se montra toujours le meilleur, le plusindulgent des maîtres. Jamais il ne parlait à ses domes-tiques sans leur donner la qualification de mein kind(mon enfant) ; tout honnête serviteur trouvait auprèsde lui un traitement paternel. Frédéric riait aussi debon cœur des espiègleries de ses pages. Regardant unjour par la fenêtre, une glace lui dénonça l’un d’euxpuisant, derrière lui, une prise de tabac dans sa boîte,placée sur une table. Le Roi le laissa faire ; mais, deretour à son fauteuil : « Cette tabatière, demanda-t-ilau page, est-elle de ton goût? » Fort embarrassé, lecoupable ne savait trop comment répondre. « Voyons,parle. » Enfin, ayant avoué qu’il la trouvait fort belle :'< Eh bien, lui dit Frédéric, prends-la ; elle est troppetite pour deux. » }
Malgré les torts du feu roi à son égard, Frédéricne souffrit jamais qu’en sa présence on attaquât lamémoire de son père; il ne parlait de lui qu’avec unprofond respect. Telle était sa vénération pour laReine-Mère, que, chaque fois qu’il allait la voir à Mont-bijon, le Roi ôtait son chapeau en arrivant à l’allée