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Tome I.
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PIÈCES

attribue le préambule à Barthole : ce serait pour la mémoire de cecélèbre jurisconsulte un assez pauvre titre d’honneur. N’est-il pascurieux de trouver là un sermon pathétiquement ridicule contre lessept péchés mortels ? « Charles, par la grâce de Dieu, empereur desRomains, toujours auguste, et roi de Bohême, h la mémoire perpé-tuelle de la chose. Tout royaume divisé en soi-même sera désolé ; et,parce que les princes se sont faits compagnons de voleurs, Dieu a ré-pandu parmi eux un esprit d’étourdissement et de vertige, afin qu’ilsmarchent comme à tâtons en plein midi, de môme que s’ils étaient aumilieu des ténèbres; il a ôté leurs chandeliers du lieu où ils étaient,afin qu’ils soient aveugles et conducteurs d’aveugles. Et, en effet, ceuxqui marchent dans l’obscurité se heurtent, et c’est dans la division queles aveugles d’entendement commettent des méchancetés. Dis, Orgueil,comment aurois-tu régné en Lucifer, si tu n’avois appelé la dissensiona ton secours ? Dis, Satan envieux, comment aurois-tu chassé Adam duparadis, si tu ne l’avois détourné de l’obéissance qu’il devoit à sonCréateur? Dis, Colère, comment aurois-tu détruit la république ro-maine, si lu ne t’élois servi de la division pour animer Pompée et Julesà une guerre intestine l’un contre l’autre? Dis, Luxure, comment au-rois-tu ruiné les Troyens, si tu n’avois séparé Hélène d’avec son mari ?Mais toi, Envie, combien de fois t’es-tu efforcée de ruiner par la divisionl’empire chrétien que Dieu a fondé sur les trois vertus théologales, laFoi, l’Espérance et la Charité, comme sur une sainte et indivisibletrinité, vomissant le vieux venin de la dissension parmi les sept élec-teurs, qui sont les colonnes et les sept principaux membres du Saint-Empire, et par l’éclat desquels le Saint-Empire doit être éclairé commepar sept flambeaux, dont la lumière est fortifiée par les sqpt dons duSaint-Esprit?C’est pourquoi, etc., etc.» (Histoire de l’Empire, parlleiss,tome 3.)

Voilà un échantillon de l’éloquence du temps.

Il y eut donc sept Électeurs, en l’honneur des sept dons du Saint-Esprit et des sept chandeliers de l’Apocalypse. Sur les sept, trois de-vaient être ecclésiastiques et quatre séculiers. Les électeurs palatinsfurent investis du droit de juger les causes personnelles des Empereurs.On déclarait les Électeurs égaux aux rois et leurs privilèges inviolables.Ils rendaient la justice souverainement, et prononçaient en dernierressort. Défense était faite aux sujets de guerroyer entre eux, de pillerou de se confédérer, sans le consentement de leurs souverains.