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Tome I.
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PIECES

daigneavoir en moi, et j’ai l’honneur de l’informer que le prince royala été très-affecté de l’exécution qui s’est faite aujourd’hui, au point detomber en faiblesse, et que, pendant tout le reste du jour, il n’a pu seremettre de l’effroi et de la terreur qu’il a ressentis. A deux heures del’après-midi, je me suis rendu auprès de lui, et j’ai été obligé d’y resterjusqu’à cinq heures. A sept heures, il m’a fait encore appeler. Commele lieutenant de Katt, qui s’est préparé à la mort d’une manière exem-plaire, m’avait chargé, quelques instants avant son exécution, de mettrequelques notes manuscrites sous les yeux du prince, ce dernier a re-connu la vérité de tout ce qu’elles contenaient, protestant qu’il avaitété touché, dès le commencement, d’un repentir sincère, et disant qu’ilpensait que Votre Majesté n’en avait pas été informée, puisqu’elleavait ordonné qu’on le fît assister à cette cruelle exécution, quoiqu’ilse fût reconnu fils coupable et quoiqu’il fût soumis à la volonté et auxordres de Votre Majesté. En conséquence, je resterai encore ici selon lesintentions gracieuses de Votre Majesté et j’y attendrai ses ordres. »

Kustrin, le 7 novembre 1730.

« Par la grâce de Dieu, les desseins de Votre Majesté sur le princeroyal ont réussi, au point qu’il reconnaît maintenant que ses péchéssont beaucoup plus grands qu’il ne l’avait cru auparavant, et qu’ilprie humblement le Seigneur Dieu de ne point entrer en jugement aveclui. Il reconnaît que sa conduite a été fort répréhensible lors de l’inter-rogatoire que lui a fait subir la commission nommée à cet effet, et ilpense que si, au commencement, on lui avait fait parler par un seulhomme, d’une manière plus douce et sans employer les duretés et lesmenaces, il n’en serait pas venu aux extrémités dont il se repent main-tenant. 11 remercie aussi Dieu et Votre Majesté de l’humiliation salu-taire qu’on lui a fait éprouver, et il est prêt à se soumettre aux ordreset îi la volonté paternelle et royale de Votre Majesté, si ses humblesprières ne sont pas suffisantes. Or, comme notre divin Sauveur a dit :« Tu seras jugé par tes propres paroles, » je supplie très-humblementVotre Majesté d’ouvrir son cœur paternel à la bonté et à la miséricordek l’égard du prince royal, et de le lui faire bientôt savoir, de peur quela grande tristesse dans laquelle il est plongé ne le fasse périr à la fin.Nos entretiens roulent maintenant sur des points de religion, et, puisqueDieu a incliné vers moi le cœur du prince royal, j’espère qu’il écoutera