JUSTIFICATIVES.
501
par la porte de sa vie. Si alors vous trouvez le prince royal contrit ethumilié, vous l’engagerez h tomber à genoux avec vous, ainsi que lesofliciers qui sont auprès de lui, et à demander pardon h Dieu avec deslarmes de repentir. Mais il faut agir avec prudence et circonspection,car le prince est rusé, et vous aurez soin d’observer attentivement si cequ’il fera part d’un repentir sincère et d’un cœur vraiment contrit. Vouslui représenterez aussi, d’une manière convenable, quelle est son erreurde croire que les uns sont prédestinés à une chose, et les autres à uneautre, et qu’ainsi celui qui est prédestiné au mal ne peut faire que dumal, comme celui qui est prédestiné au bien que du bien; et que parconséquent on ne peut rien changer aux événements qui doivent arriver :erreur funeste, surtout en ce qui concerne notre salut. Or, comme j’es-père que. la circonstance actuelle et l’exécution qui vient de se faire sousses yeux lui toucheront et attendriront le cœur, et le conduiront a demeilleurs sentiments, je vous charge, sur votre conscience, de faireloul ce qui est humainement possible pour représenter au prince toutesces choses, et particulièrement ce. qui a rapport à la prédestination,pour le convaincre par des passages de la Sainte-Écriture qui prouve-ront clairement ce que vous avancerez. Et, comme il a l’esprit subtil,vous aurez soin de faire h ses objections des réponses courtes et laconi-ques, mais solides et décisives. Il faudra aussi l’amener h cette discus-sion, insensiblement, et d’une manière convenable, comme j’ai dit plushaut. Si vous trouvez que le prince soit content de votre conversation,qu’il écoute vos bonnes instructions et qu’elles passent jusqu’à soncœur, vous resterez à Kuslrin et vous vous rendrez régulièrement tousles jours auprès du prince royal, pour travailler à réveillersa conscience,et opérer en lui une conversion sincère. Mais, si vous voyez qu’il vous estimpossible de gagner sa confiance, vous partirez après m’en avoir in-formé par écrit, et vous me rendrez compte de vive voix de ce qui se serapassé quand vous serez de retour a Berlin. Mais, si son cœur est touchéet repentant, vous me l’écrirez aussi, et vous resterez avec lui.
« Je suis votre affectionné Roi,
Vousterhauscn, le 5 novembre 1730.
Frédéric-Guillaume. »
Réponses de Muller ;
« Je remercie très-humblement Votre Majesté de la confiance qu’elle