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Tome I.
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PIÈCES

de mon cœur), je me suis vu dans la nécessité de me sauver du nau-frage et de gagner un asile.

« Si des conjonctures fâcheuses m’ont obligé de prendre un partique la nécessité justifie, vous me trouverez toujours fidèle h remplirles engagements dont l’exécution ne dépend que de moi. Je ne révo-querai jamais la renonciation que j’ai souscrite des pays de Julliers etde Berg ; je ne troublerai ni directement ni indirectement l’ordre éta-bli dans cette succession ; plutôt mes armes tourneraient contre moi-méme que contre les Français. On me trouvera toujours un empres-sement égal à concourir h l’avantage du Roi, votre maître, et au biende son royaume. Le cours de celte guerre n’est qu’un tissu des mar-ques de bonne volonté que j’ai données à mes alliés; vous en devezêtre convaincu, ainsi que de l’authenticité des faits que je viens devous rappeler. Je suis persuadé, Monsieur, que vous regrettez avecmoi que le caprice du sort ait fait avorter des desseins aussi salutairesh l’Europe que l’étaient les nôtres. Je suis, etc. »

20 Juin 17<2.

Réponse du Cardinal.

« Sire, Votre Majesté jugera aisément de la vive impression de dou-leur qu’a faite sur moi la lettre dont il lui a plu m’honorer, du 10 dece mois. Le triste événement qui renverse tous nos projets en Alle-magne n’eût pas été sans ressource, si Votre Majesté avait pu secon-der M. de Broglio et sauver du moins la ville de Prague; mais Ellen’y a pas trouvé de possibilité, et c’est h nous à nous conformer à seslumières et à sa prudence.

u On a fait de grandes fautes, il est vrai ; il serait inutile de lesrappeler; mais, si nous eussions réuni toutes nos troupes, le mal n’eûtpas été sans remède : il ne faut plus y songer et ne penser qu’à lapaix, puisque Votre Majesté la croit nécessaire, et le Roi ne le désirepas moins que Votre Majesté. C’est à Elle à en régler les conditions, etnous enverrons un plein pouvoir au maréchal de Belle-Isle, poursouscrire à tout ce qu’Elle aura arrêté. Je connais trop sa bonne foi etsa générosité pour avoir le moindre soupçon qu’Elle consente à nousabandonner, après les preuves authentiques que nous lui avons don-nées de notre fidélité et de notre zèle pour ses intérêts. Votre Majestédevient l’arbitre de toute l’Europe, et c’est le personnage le plus glo-rieux que Votre Majesté puisse jamais faire.