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« ne nous a fait la guerre? » No; nous trompons point : les exemplesdu passé, fussent-ils même vrais, ne prouvent rien pour l’avenir. Cetteassertion-ci est plus sûre : tout ce qui est possible peut arriver.
« 10° Pour fortifier tous ces arguments par des preuves plus palpa-bles, je n’ai qu'à vous rappeler un propos que M. de Molé, généralautrichien passant par Berlin, tinta M. de Schmettau : « Ma cour n’est« pas assez mal avisée pour attaquer la Silésie; nous sommes alliés« avec la cour de Dresde ; le chemin de la Lusaee mène à Berlin le« plus directement; c’est là qu’il nous convient de faire la paix. »
« Vous direz que Molé parlait au hasard. Mais voyez ce qui confirmeque le dessein de faire la paix à Berlin était celui de la cour de Vienne.Le prince Louis de Brunswick avait entendu parler de ce même plan àla reine de Hongrie, au service de laquelle il était ; il en avait fait con-fidence à son frère, le duc régnant; et celui-là me l’avait communiqué.Un aveu de la bouche de l’ennemi lient lieu d’une démonstration.
« Je conclus que nous n’avons rien à gagner en attendant, mais touta perdre; qu’il faut donc faire la guerre, et qu’il vaut mieux, s’il lefaut, périr avec honneur que de se laisser accabler avec honte quandon ne peut plus se défendre. »
(0) Lettres de Frédéric II à madame la comtesse de Camas , anciennegrande maîtresse de la cour de la feue reine douairière.
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A Neustadt, le 11 novembre 1760.
« Je suis exact à vous répondre, et empressé à vous satisfaire. Il estsingulier, comme l’âge se rencontre. Depuis quatre ans, j’ai renoncéaux soupers, incompatibles avec le métier que je suis obligé de faire;et, les jours de marche, mon dîner consiste dans une tasse de chocolat*Nous avons couru, comme des fous, tout enflés de notre victoire,essayant si nous pouvions chasser les Autrichiens de Dresde; ils sesont moqués de nous du haut de leurs montagnes; je suis revenu surmes pas, comme un petit garçon, me cacher de dépit dans un desplus maudits villages de la Saxe. A présent, il faut chasser de Frey-berg et de Chemnilz messieurs les Cercles, pour avoir de quoi vivreet nous placer.
« C’est, je vous jure, une chienne de vie, qu’excepté Don Quichotte,