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Tome I.
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JUSTIFICATIVES.

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personne n'a menée que moi. Tout ce train, tout ce désordre quine finit point, m’a si fort vieilli que vous aurez peine à me recon-naître. Du côté droit de la tête, les cheveux me sont devenus toutgris; mes dents se cassent et tombent. J’ai le visage ridé commeles falbalas d’une jupe, le dos voûté comme un moine de la Trappe.Je vous préviens sur tout cela, afin qu’en cas que nous nous voyionsencore en chair et en os, vous ne vous trouviez pas trop choquée dema figure. Il ne me reste que le cœur qui n’est point changé, etqui conservera, autant que je respirerai, les sentiments d’estime etd’une tendre amitié. Adieu. »

Le 27 novembre.

« Vous voyez, ma bonne maman, avec quelle aclivité vous êles ser-vie : voici le tabac. Nous arrangeons ici nos quartiers d’hiver; j’ai en-core une petite tournée à faire, et ensuite j’irai chercher la tranquilliték Leipziek, si elle s’y trouve. Mais, pour moi, ce n’est qu’un mot méta-physique qui n’a point de réalité. Entre nous soit dit, c’est une chiennede vie, ma bonne maman, que celle que nous menons; mais il fautfaire bonne mine a mauvais jeu.

« Adieu, ma toute bonne; ne m’oubliez point, vous auriez grand tort,car personne ne vous aime et vous considère plus que je le fais. »

Le 3 décembre.

« En vérité, ma bonne maman, vous ôtes bien experte, et je vous fé-licite de vous connaître si bien en hydropisie. L’aventure qui vient d’ar-river est tout ordinaire ; il n’y a point de couvent même où cela n’arrive.Moi, qui suis fort indulgent pour les faiblesses de notre espèce, je ne la-pide point les filles d’honneur qui font des enfants. Elles perpétuentl’espèce, au lieu que ces farouches politiques la détruisent par leursguerres funestes. Je vous avoue que j’aime mieux les tempéramentstrop tendres que ces dragons de chasteté qui déchirent leurs semblables,ou ces femmes tracassières, foncièrement méchantes et malfaisantes.Qu’on élève bien cet enfant; qu’on ne prostitue point une famille, etqu’on fasse, sans scandale, sortir cette pauvre fille de la cour, en mé-nageant sa réputation autant que possible.

« Nous avons la paix, ma bonne maman, et je me propose bien derire entre quatre yeux, quand j’aurai le plaisir de vous voir. Adieu, niabonne maman, je vous embrasse. »