II
DISCOURS l’IlliLIMlNAIllE.
l’homme, était couverte déjà de vastes forêts, au milieudesquelles s’écoula la vie primitive ; l’accroissement depopulation leur porta des atteintes successives ; mais lesgrandes dévastations ne datent que de l’époque où les pre-miers conquérants, voulant assujettir les nations nouvelle-ment formées, coupèrent ou brûlèrent les forêts servant derefuges aux populations. Les progrès de la civilisation et lesguerres sont donc les principales causes de la destructiondes forêts ; l’histoire nous en fournit de nombreux exem-ples : du Gange à l’Euphrate, sur une étendue de plus domille lieues en longueur et de plusieurs centaines de lieuesen largeur, trois mille ans de guerre ont ravagé ces con-trées. Ninive et Babylone, si renommées par leur civilisa-tion avancée et leur opulence ; Palmyre et Balbeck, par leurmagnificence, n’offrent plus aujourd’hui au voyageur quedes ruines attestant leur grandeur passée, au milieu dedéserts dans lesquels on ne rencontre plus que çà et là destraces des riches cultures qui s’y trouvaient.
Cyrus, Alexandre et leurs successeurs ravagèrent unegrande partie de l’Asie. Les Romains vinrent ensuite, puisles Sarrasins, et enfin les Turcs, qui complétèrent la ruinede ces contrées.
La Palestine offre de semblables contrastes. Qu’est deve-nue, en effet, cette belle contrée de Chanaan citée par laBible, comme le pays le plus fertile de l’univers? Toutesces régions, renommées par la douceur de leur climat,privées de leurs forêts, manquent d’eau et de végétation,et n’offrent partout, aux voyageurs, que le silence de lamort.