DISCOURS PRÉLIMINAIRE■
VII
sation et d’autres causes encore. Napoléon, dont le vastegénie embrassait dans leur ensemble toutes les questionssociales, paraît cependant avoir eu l’intention de s’en oc-cuper, car il fit imprimer en 1804 les statistiques des dé-partements, dans lesquelles se trouvent les doléances desanciens districts, des municipalités et des conseils géné-raux, relatives aux funestes effets du déboisement. J’airapporté des extraits de ces statistiques pour montrer queles plaintes étaient générales dans toute la France. Il esttrès-probable que les guerres ne permirent pas à l’empereurd’exécuter l’œuvre du défrichement des landes et du re-boisement des montagnes. L’amélioration de la Campinebelge et hollandaise paraît devoir être mise aussi au rangde ses vastes conceptions ; car il reprit un projet conçuen 1662 pour joindre le Rhin à l’Escaut par un canal quiaurait été la pierre angulaire de la régénération de cetteprovince. Les travaux commencés furent interrompus en1808, puis repris en 1843, où un projet définitif futarrêté.
Les forêts dépérissent de jour en jour ; hâtons-nousd’arrêter leur destruction et d’en créer de nouvelles, carnos houillères ne sont pas inépuisables ; avec l’accroisse-ment actuel de consommation de la houille, on ne leur donnepas plus de deux cents ans d’existence; on sera alors dansla nécessité de demander à la végétation actuelle le com-bustible indispensable à nos besoins. Espérons qu’une paixprofonde permettra de défricher, de cultiver ou de boiserles terres marécageuses et incultes, en pays de plaines eten pays de montagnes. Les bienfaits qui en résulteront se-