VI
DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
« d’ouest, aux vents tempérés venant de la mer. De là« une diminution dans le froid des hivers. Si une forêt« toute pareille était défrichée sur la côte orientale de la« France, le vent d’est glacial s’y propagerait plus forte-« ment, et les hivers seraient plus rigoureux. La destruc-« tion d’un rideau de bois aurait donc produit çà et là des>c effets diamétralement opposés. »
M. Gay r Lussac tenait un langage bien différent :« A mon avis, disait-il, on n’a acquis jusqu’à présent au-« cune preuve positive que les bois aient par eux-mêmes« une influence réelle sur le climat d’une grande contrée ou« d’une localité particulière. En examinant de près les ef-« fets du déboisement, on trouverait peut-être que, loin« d’être un mal, c’est un bienfait ; mais ces questions sont« tellement compliquées, quand on les examine sous le« point de vue climatologique, que la solution est très-ci difficile, pour ne pas dire impossible. »
En présence d’opinions aussi divergentes, j’ai dû, avantde me prononcer, réunir un grand nombre de faits et endiscuter la valeur, en mettant de côté toute idée préconçuesur la question.
J’ai prouvé ensuite, par une foule de citations, que lesrois et les gouvernements qui leur ont succédé depuisCharlemagne jusqu’à l’époque actuelle, ont rendu desordonnances et des décrets pour s’opposer à la destruc-tion des forêts et assurer leur conservation, mais nulle-ment pour défricher les landes, reboiser les montagnes oules terres incultes, et réparer en un mot les désastres cau-sés dans les forêts par les guerres, les progrès de la civili-