DE L’ACTION DE LEAU SUR LA VÉGÉTATION. 51
employé une eau qui peut être assimilée à une bonne eau de i'umiertrès-étendue.
Les propriétés fertilisantes paraissent dépendre, non-seulement dela proportion d’azote contenue dans la matière organique dissoutedans l’eau, mais encore du rapport de l’azote au carbone dans lesmatières organiques contenues dans les eaux d’irrigation, abstrac-tion faite des matières minérales. Une source fertilisante se rapprochedès lors beaucoup d’une eau de fumier très-étendue. Il est à désirerque de nouvelles expériences viennent confirmer cet important ré-sultat, qui tend à prouver que la propriété fertilisante ne dépend pasprécisément de la quantité absolue d’azote, mais bien de sa combi-naison avec d’autres éléments.
§ III.
Des eaux qui conviennent aux irrigations.
Il existe une grande différence entre les eaux des fleuves et des ri-vières et celles des marais dans leur mode d’action sur la végétation.Les premières produisent sur leurs rives, lors des crues, des alluvionsqui sont des sols de la plus grande fertilité ; nous citerons commeexemples : le Grésivaudan du Dauphiné, la Limagne, le val de laLoire, les plaines de l’Alsace, les vallées de la Garonne, du Pô, del’Adige, de l’Elbe, la vallée du Nil, etc.
En dirigeant donc sur des terres improductives des eaux chargéesde limon, il s’y dépose une couche très-mince d’alluvions qui lesféconde. En répétant souvent cette opération, appelée colmatage , onfinit par exhausser le sol et l’assainir s’il est marécageux : on atransformé ainsi la vallée marécageuse de Chiana en Toscane en uneterre de la plus grande fécondité. Le Nil féconde également tous lesans la vallée dans laquelle il coule. On a pu cultiver de cette manière,même sans engrais, les rives de la Saône, du Doubs, de la Loire, del'Oignon, etc., lorsqu’elles ont été inondées par les eaux de cesfleuves ou de ces rivières. En général, l’emploi des irrigations long-temps continuées modifie avec le temps la nature du sol. C’estainsi que M. Herzog est parvenu à transformer en une admirableprairie plusieurs kilomètres du torrent de la Fecht dans la vallée deMunster, près de Colmar.
Cette opération réussit aussi bien dans le Nord que dans le Midi :nous citerons notamment la partie septentrionale de la Russie, dela Norwége, où l’on soumet à l’irrigation, non-seulement les prairies,