DE L’ACTION DE LEAU SUR LA VÉGÉTATION. 55
des terrains marécageux, qu’autant que l’on peut donner de l’écoule-ment aux eaux ; l’insalubrité ne disparaît qu’à cette condition.
Les avantages de l’irrigation sont immenses pour la société et lesparticuliers, puisqu’il en résulte une augmentation de produits entout genre, une extension de culture et une amélioration sensible dansles climats.
Dans nos climats, les cours d’eau offrent d’immenses ressourcespour les irrigations, qui conviennent à tous les végétaux, grands oupetits. Les Romains, qui en connaissaient les bienfaits, arrosaient,dit-on, leurs oliviers et leurs vignes. On arrose également les oliviersdans les Bouches-du-Rhône.
Les eaux de pluie recueillies en pays cultivés dans des parties dé-clives, se chargent d’une portion des engrais mis dans les terres, etsont éminemment fécondantes. On peut former ainsi, dans les partiesbasses, des prairies d’excellente qualité : on en a déjà de nombreuxexemples. Les Dombes, qui s’étendent jusqu’aux portes de Lyon,avaient jadis un sol fécond qu’elles ont perdu, en même temps qu’ellessont devenues insalubres quand on a remplacé les meilleurs prés dansles inflexions de terraiu par des étangs.
Les eaux de sources sont temporaires ou pérennes ; les premièresdonnent de l’eau pendant les temps de pluie, et souvent quelquessemaines après ; les autres peuvent être utilisées en tout temps, etsont, sous ce rapport, très-utiles pour les irrigations, en ce qu’ellespeuvent satisfaire aux exigences des saisons. Ces eaux, venant d’unecertaine profondeur, ont une température en hiver, dans nos climats,bien supérieure à celle de la glace fondante, ce qui leur permet mêmed’entretenir la végétation sous la glace existant à la surface, ceseaux renfermant tous les principes fécondants dont les plantes ont be-soin pour se développer.
Suivant M. Pu vis (1), « on peut ordinairement, en voyant dans« son lit la source ou le ruisseau , présumer d’une manière à peu près« sûre la qualité des eaux. Lorsqu’il y croît du cresson, du becabunga,« qu’il se forme une couche visqueuse noirâtre, que dans les parties« où l’eau ne circule pas rapidement une espèce d’algue verte nage« dans son sein, ou qu’enlîn les bords se couvrent d’herbe vive , on« peut être certain que ces eaux, répandues à propos, féconderont la« prairie sans qu’il soit nécessaire d’y mettre du fumier. »
En général, les eaux qui sortent des terrains primitifs paraissent
(1) De l’Emploi des eaux en agriculture, p. 234.
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