CHAPITRE IH.
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être de bonne qualité, en raison des sels à base de potasse ou de soudequ’elles renferment. Celles qui proviennent du grès rouge le sont aussiordinairement. Nous citerons comme exemples les eaux des sourceset des rivières des Vosges, celles de la Moselle et de la Meurthe, venantdes mêmes terrains riches en feldspath, et qui renferment une forteproportion de potasse et d’alumine. Cette dernière substance lie entreeux les grains siliceux du grès. Lorsque le feldspath manque, les eauxperdent leur faculté fécondante.
Les eaux des vallées des Alpes, qui appartiennent aux terrains pri-mitifs, conviennent admirablement aux prairies, à en juger par l’inten-sité de la verdure des végétaux qu’elles arrosent. Selon M. Puvis (l),les eaux des terrains primitifs conviennent plus particulièrement auxgraminées, et celles des terrains calcaires aux légumineuses. Suivantlui, il y a des eaux qui proviennent des derniers terrains, et qui, au sortirde la source, paraissent aussi fécondantes que celles des égouts de fu-mier, et donnent naissance à un tapis d’herbe verte et serrée, et ens’éloignant de leur source ils perdent une partie de leur faculté fécon-dante. A quels principes attribuer cette faculté ? Les eaux sortent lim-pides de leur source; elles agissent donc par les composés tenus endissolution. On avait d’abord cru qu’elle était due au bi-carbonate dechaux ; mais on a rejeté cette explication, car ces eaux se déversentordinairement sur des terrains calcaires où les colmatages et les mar-nages sont sans effets. Ou s’est demandé ensuite si ces principes neseraient pas des composés azotés : cela est probable d’après ce qui a étédit précédemment ; mais on n’a pu encore le prouver.
Les eaux des terrains volcaniques conviennent parfaitement auxprairies. On en a un exemple dans la Limagne, aux environs de Cler-mont , où les prés sont de la plus excellente qualité.
Les eaux thermales sont également précieuses, comme on peut levoir à Plombières, où les prés situés au-dessus des sources sont bieninférieurs en qualité aux prés placés au-dessous. La température de ceseaux n’est pas la cause principale, puisqu’elle ne tarde pas à être dis-sipée; il faut la chercher dans les principes constituants. Si les eaux,par exemple, renferment du bi-carbonate de soude, comme celles dePlombières et de Vichy, on a alors des effets de végétation des plusremarquables.
Les eaux qui proviennent des égouts des terres labourées sont tou-jours de très-bonne qualité, parce qu’elles contiennent les parties so-
(1) Ouvrage cité plus haut, pag. 230.